Mensonges, hypocrisies et censure : le système Collomb peu à peu dévoilé ?

Je suis militant socialiste depuis 2007, à l’aube de la campagne présidentielle. Le socialisme incarnait et incarne toujours moi une alternative crédible aux politiques économiques libérales non seulement inégalitaires mais aussi fausses et économiquement désastreuses. Le socialisme montre la voie d’un développement juste et durable, associant progrès économiques et sociaux et soucieuse de la lutte contre un changement climatique qui s’annonce de plus en plus grave.

Ancienne campagne du PS

Ancienne campagne du PS

Mais, lyonnais depuis toujours, j’ai éprouvé à de nombreuses reprises une grande déception par la situation des instances de mon parti localement, avant d’éprouver également de la déception vis-à-vis de l’action du gouvernement en place. Après avoir milité pour les présidentielles et les municipales, j’ai du mener ma première campagne dissidente avec la Section du 5ème arrondissement de Lyon contre un candidat Modem  (la grande mode à l’époque, bizarrement depuis qu’ils font moins de 5%, ça s’est calmé) imposé par le Maire de Lyon, Gérard Collomb, que je soutenais quelques mois plus tôt pour le scrutin municipal. C’était quelques mois avant le Congrès de Reims. Durant ce Congrès, déjà, le poids de la baronnie s’est fait sentir, alors qu’aux côtés de Ségolène Royal, Gérard Collomb, Manuel Valls, Georges Frêche et Jean-Noël Guérini menaient la motion La ligne claire (sic !). Entretemps, une grande partie de mes camarades de section avaient été « rachetés » par les équipes du Maire de Lyon, à coups de promesses (place sur une liste, emploi, logement social) ou de dons (place pour des matchs de foots, etc.).

Les primaires avaient bien fait l’objet de quelques pressions sur certains camarades soutenant Martine Aubry plutôt que François Hollande, celui que Gérard Collomb soutenait (même s’il l’a un peu oublié depuis).Mais, le moment qui m’a fait prendre conscience de l’ampleur du système Collomb, ce sont les élections législatives de 2012.

Craignant un potentiel rival pour les municipales de 2014, le Maire de Lyon mit tout son poids pour faire perdre le candidat du Parti Socialiste, l’écologiste Philippe Meirieu. Ça a commencé avec les insultes, traitant le 1er Vice-président du Conseil régional de « Khmer Vert ». Qui oserait appeler Gérard Collomb nazi rose ? Ça a continué avec les mensonges, Gérard Collomb accusant celui qui avait été le président de son comité de soutien en 2001 d’être « parachuté« , ou de ne rien avoir fait pour Lyon et de mépriser ses institutions culturelles alors, que c’est Philippe Meirieu qui avait obtenu le transfert de l’ENS à Lyon. Les menaces et les pressions ont évidemment suivi, lui ou ses équipes promettant des sanctions aux militants qui soutiendraient le candidat PS, obligeant la fédération PS à ne pas prendre parti, expliquant aux commerçants ou barmans qui recevraient Philippe Meirieu ou ses réunions qu’ils devraient en subir les conséquences. Enfin, ça s’est terminé en mentant aux électeurs, tout simplement, en affichant le logo du PS sur les affiches et bulletins du candidat PRG dont la dissidente avait été exclu du Parti Socialiste, et les militants faisant croire à des pauvres gens vivant en HLM que s’ils votaient Philippe Meirieu, ils pourraient être obliger de quitter leur logement social. C’est même allé jusqu’à tenter d’empêcher physiquement deux Ministres du Gouvernement, Cécile Duflot et Benoît Hamon, de soutenir le candidat PS-EELV.

Affiche de campagne de Philippe Meirieu

Affiche de campagne de Philippe Meirieu

Malgré ce déchaînement de moyens de République bananière, la poignée de militants fermement socialistes que nous étions, alliés aux militants écologistes, ont réussi à porter Philippe Meirieu à environ 18% des voix.

Fort de cette expérience, j’ai décidé cette année de ne pas soutenir un candidat, le Maire de Lyon, qui représente tout ce qu’en tant que démocrate et républicain, j’abhorre. Ce n’est pas un hasard si Gérard Collomb a fait liste commune avec Guérini au PS et est allée soutenir Frêche en 2010 pour les élections régionales. Tout comme une dizaine de militants socialistes, j’ai décidé de partir cette fois-ci, moi-même, de partir en dissidence car même si les gens qui font partie de ce système continuent à se regarder dans une glace, leur fierté d’eux-mêmes m’inspire au mieux du dégoût, si ce n’est de la pitié. Car ces gens, accrochés au pouvoir comme des sangsues, mettant tous les moyens au service d’une finalité purement personnelle, se servant de la peur, des menaces, de leur petit pouvoir et de la lâcheté des gens pour se maintenir, ne valent finalement pas grand chose. Même la République est instrumentalisée par la création d’une collectivité locale ad hoc, la Métropole de Lyon, qui a pris de sacrées distances avec la démocratie et l’égalité des territoires.

C’est pourquoi je me félicite de l’occasion que donnent ces élections municipales pour dévoiler toutes ces pratiques peu avouables ou même inimaginables qui entourent le système « Collomb ». Que ce soit la formation d’un comité de soutien en très grande partie bling-bling, où société civile est synonyme de société mondaine, et dans lequel de nombreux soutiens désintéressés dirigent des institutions ou associations dépendant financièrement de Lyon. Que ce soit la promotion comme têtes de listes de personnes censées « ressembler » à leur future terre d’élection qu’elles ne connaissent pas du tout et qui disparaîtront (ou presque) aussitôt les élections finies, ou quand elles ne sont pas issus de la société civile, il s’agit d’hommes âgés déjà bien installés. Que ce soit les hypocrisies d’un maire qui un jour balaye une idée « irréalisable » censée coûter tous les crédits d’investissement d’un mandat, le lendemain propose au milieu de très nombreux projets très coûteux une idée semblable dont la réalisation coûterait deux fois plus cher et difficilement réalisable sur le plan technique, avant de la remettre sine die le surlendemain, après avoir fait le buzz. Que ce soit la violence de ses équipes qui ne reculent devant rien pour faire pression et soumettre tous les militants. Que ce soit d’utiliser les outils de la Ville pour faire campagne tout en censurant ses adversaires. Que ce soit l’instrumentalisation d’une cérémonie d’hommage aux déportés de la Seconde guerre mondiale. Que ce soit de profiter des finances et des bras militants d’un parti dont il insulte le gouvernement, méprise les symboles et ne respecte en rien les idées, ni les principes. Que ce soit de remplacer l’Hôtel Dieu, l’hôpital séculaire des pauvres, en plein cœur de Lyon, par un hôtel de luxe et des galeries commerciales, foulant au pied la promesse de campagne d’y installer un pôle de santé. Que ce soit de s’attribuer des mérites qui n’existent pas, comme s’attribuer la place de la meilleure ville étudiante alors que les classements disent le contraire. Comme si Lyon ne pouvait pas simplement se targuer de ce qu’elle est vraiment. Mais à force d’oublier la vie quotidienne des gens, et de privilégier les Grands Projets, on finit par décrocher un peu de la réalité.

L'Hôtel Dieu

L’Hôtel Dieu

Bref, je pourrais continuer encore longtemps, mais ça devient déjà lassant.

Certains ouvrent les yeux, j’en fais partie, parfois pour des raisons moins honorables que d’autres. La prise de conscience néanmoins progresse, notamment parmi les socialistes, à mesure que peu à peu se lève le voile sur le système Collomb. De mon côté, je fais campagne auprès d’une candidate, l’ancienne Secrétaire nationale du PS au logement, Nathalie Perrin-Gilbert, qui a fondé un club de réflexion, le GRAM, et anime tous les mois à deux mois des débats citoyens, fait participer les habitants, et part en campagne pour remettre du social, du culturel et surtout du fond dans cette abîme de médiocrité. Quand bien même le paierait-elle de sa personne.

Publicités