Chronique de Stanford : Acte II, scène 1 : Vélo, boulot… et farniente (ou presque)

Good morning (bientôt) !
Mon lieu de travail

Mon lieu de travail

Après notre intermède en forme d’entracte, il est plus que temps de passer à l’acte 2. Je suis à Stanford depuis maintenant plus de deux semaines et je repars dans 12 jours. Et je n’ai vraiment aucune envie de repartir… même si en ce moment je passe le plus clair de mon temps à travailler.

Pour mon premier 14 juillet hors de France, je n’ai rien fait… sinon bosser ! En effet, des amis et moi voulions sortir ce soir là pour fêter dignement le Bastille Day mais finalement tout le monde s’est désisté et il n’y avait pas non plus grand chose à faire. J’ai été assez surpris que le Consulat de France n’organise rien (sinon en cercle très restreint) pour la fête nationale. Les associations françaises avaient, elles, prévu quelques événements au cours des quelques jours précédents mais tous étaient payants ! (et assez chers) J’ai donc fini le 14 juillet à la bibliothèque pour travailler.
J’en profite pour revenir rapidement ce que je fais à Stanford car certains ne savaient pas ni ne comprenaient, étaient intrigués et me demandaient (les autres, vous pouvez sauter ce paragraphe). Non, je n’ai pas été pris pour un master là bas, j’épargne à mes parents (que je prélève déjà assez) les frais d’inscription d’environ 75 000$. En fait, l’université de Vienne, et en particulier sa fac de droit, a un partenariat avec Stanford qui se décline sous plusieurs formes. L’une d’entre elles est une bourse de recherche permettant à un étudiant de venir travailler sur un projet scientifique (en droit) pendant deux à six semaines. Et c’est ainsi que dans le cadre de mon master, j’ai été sélectionné pour cette bourse de recherche et que j’ai demandé m’y rendre pendant quatre semaines (pour ne pas avoir à payer deux mois de loyer). Je travaille donc là bas à la rédaction de mon mémoire de recherche sur l’influence du droit des Etats-Unis sur les réformes financières européennes.
L'entrée très chic de l'open space

L’entrée très chic de l’open space

Et d’ailleurs, cette fin de semaine, j’ai décidé de lever le camp de la bibliothèque, où je reviens tout de même quand j’ai besoin de consulter les livres ou des bases de données non accessibles en ligne. Je suis maintenant installé dans l’open space des profs et chercheurs que j’avais déjà mentionné. Je crois que la Stanford Law School consacre plus d’espace à l’équipe académique/scientifique que n’en dispose ma fac de droit d’origine, de l’Université Jean Moulin, quand le rapport entre le nombre d’étudiants des deux est de 1:15 (600 étudiants pour la SLS contre 9000 pour la fac de droit de Lyon 3)… Et avec environ le même nombre d’enseignants. Ça laisse songeur.

Ambiance relaxe pour le Stanford Law School Carnival

Ambiance relaxe pour le Stanford Law School Carnival

L’open space est extrêmement calme , il y a peu d’enseignants qui ne sont pas partis en vacance. Ils ont une cuisinette, un grand espace copie/fax/scan (où est d’ailleurs affichée en détails les dispositions du droit du travail). Chaque fac a son propre espace pour afficher ses actualités et événements. D’ailleurs, aujourd’hui, je viens d’assister au Stanford Law School Carnival, en gros la fête de fin d’année des personnels et de leurs familles avec toutes sortes de jeux : ping pong, mini-golfs, flippers, hockey sur table… C’est assez surprenant et très sympa ! D’ailleurs, tout le campus est assez vivant, chaque jour je vois des gens y jouer, faire du sport, danser, organiser des barbecues ou des pique-niques, des matchs de foot ou de volley, etc.

Consigne suivie !

Consigne suivie !

Hier soir, en ayant marre des fastfoods du campus, je suis allé manger à Palo Alto avec deux français, étudiants ingénieurs en stage à Stanford. On est allé dans un restaurant toujours bondé et qui m’intriguait à chaque fois que je passais devant par son côté à la fois branché et relaxe. C’était très cool. J’ai pris ainsi une bière de la région San Francisco, la Saison Dolores, rarement bu aussi bonne bière !

A Stanford, même le Marsupilami a son vélo

A Stanford, même le Marsupilami a son vélo

Sinon, voulant m’y prendre à l’avance, j’ai publié sur les deux sites populaires d’annonces en ligne du coin (Craigslist et SuPost) mon vélo pour pouvoir le revendre quand je repartirais (non ce n’est pas celui de la photo mais ça aurait pu). J’ai déjà reçu des messages de près d’une vingtaine d’acheteurs intéressés, je ne m’y attendais pas du tout !

Bon je me sauve, je vais aller faire une petite visite dont je vous raconterais les détails dans ma prochaine chronique (suspense), lundi sûrement…
Huuuugs from Stanford

Stanford, entracte jardins et végétaux

Allée de palmiers reliant Stanford à Palo Alto

Allée de palmiers reliant Stanford à Palo Alto

Helloooo !

Pour vous faire bien commencer la journée, je consacre, comme promis (une frange de mon lectorat y est attentive), une de ces chroniques stanfordiennes aux jardins et végétaux, ou, dit plus vulgairement, aux fleu-fleurs.

Contrairement à nos campus européens bien urbains, vous aurez compris au fil de mes récits que Stanford se trouve complètement excentré, à la fois par rapport à San Francisco (cinquante kilomètres séparent les deux) et à Palo Alto.

Parvis de la Law School

Parvis de la Law School

Pour aller de la cour principale (Main Quad) à Palo Alto, il faut ainsi parcourir près de deux kilomètres d’une allée de palmiers. Par ailleurs, j’ai déjà précisé à quel point le campus est grand (10km2 environ même si le terrain est beaucoup plus grand), d’ailleurs c’est un des plus grands campus universitaires au monde, ce qui permet de donner une place importante à la végétation. Après tout, c’est normal puisque le symbole (et mascotte) de l’université est un conifère. On trouve donc sur le campus toutes sortes d’arbres, y compris du bambou.

Vers le Main Quad

Vers le Main Quad

Stanford dispose également de son propre cours de golf ainsi que d’un étang et d’une réserve naturelle à l’ouest, d’un Arboretum et de plusieurs jardins botaniques au nord mais je ne m’y suis pas encore rendu (je ne sais pas d’ailleurs si l’accès est libre et/ou aisé), les photos seront donc pour une prochaine chronique.

Immeuble de la Lombard Street

Immeuble de la Lombard Street

Enfin, le caractère très résidentiel et pavillonnaire des banlieues des États-Unis favorise naturellement l’entretien des surfaces en plein air. J’ai également inclus une photo d’un détail de la Lombard Street dont je parlais dans la dernière chronique.

Dans le quartier de Stanford

Dans le quartier de Stanford

Deux remarques pour finir. La Californie est l’État des États-Unis le plus avancé en matière d’écologie, c’est d’ailleurs une des régions les plus riches au niveau de la biodiversité. 40% de l’Etat est recouvert de forêts, on y trouve les arbres les plus grands et les plus vieux du monde. La Californie comporte également de nombreux écosystèmes différents dont la plupart sont aujourd’hui menacés. C’est pourquoi l’Etat se soucie beaucoup d’environnement. La première ONG spécialiste de ces questions y fut fondée à la fin du XIXe siècle. L’éducation environnementale fait partie des programmes scolaires.

Devant l'un des gymnases du campus

Devant l’un des gymnases du campus

La Californie ratifia également (en tous cas symboliquement) le protocole de Kyoto en 2006 sous l’impulsion de Arnold Schwarzenegger, alors gouverneur. Une règlementation environnementale s’impose également aux particuliers : les fournisseurs d’hydrocarbures de l’État ont obligation légale de réduire d’au moins 10% leur empreinte carbone d’ici à 2020. De la même manière, le gouverneur actuel Jerry Brown a fait adopter un plan (et fait débloquer un milliard de dollars pour cela) devant conduire collectivités, entreprises et particuliers à réduire leur consommation d’eau de 25%. Il existe même une police de l’eau !

Ce qui me conduit à la seconde remarque : la Californie subit une extrême sécheresse depuis plusieurs années. C’est la plus forte sécheresse depuis que « l’homme blanc » y foule le pied. Je n’ai pas eu un jour de pluie depuis que je suis arrivé et je peux témoigner que j’ai vu une dizaine de lits de rivières, et tous étaient à sec. La Sierra Nevada elle-même ne fournit plus d’eau, pour la première fois depuis le début du XXème siècle. Cette sécheresse met bien entendu en péril l’ensemble des écosystèmes comme aussi la pérennité de l’habitat humain. Elle a aussi pour conséquence immédiate de favoriser les incendies : depuis janvier, on compte déjà plus d’un millier de feux supplémentaires par rapport à la moyenne annuelle…

Sur ces nouvelles plutôt inquiétantes, wish you a good day !

Chroniques de Stanford : Acte 1, Scène 4 – L’heure tourne

Good evening,

Sur le campus

Sur le campus

La vie continue sur le campus de Stanford et l’heure tourne, je suis presque à la moitié de mon séjour et il y a encore tant à faire et à voir ! Bon, j’ai fait sans badge ce week-end, n’ayant pas réussi à m’en procurer un et sans nouvelles du professeur chargé de mon programme. J’espère qu’une solution sera trouvée d’ici samedi pour accéder à la fac de droit le week-end prochain…

Samedi fut ma journée la plus mouvementée de cette fin de semaine et pour cause.
Je me suis levé à 6h45 ce jour là, bien décidé à acquérir… un vélo ! Cela fait en effet une dizaine de jours que je me complique la vie en marchant chaque jour des heures pour faire le tour de l’immense campus, me rendre à Palo Alto et en revenir, ou même pouvoir aller à la station de train régional. Finalement, je perdais beaucoup de temps qui aurait pu être plus utilement dépensé. Le vendredi, je suis allé me renseigner au magasin de vélos du campus sur les modalités de location. Résultat des courses : j’économisais 50$ si j’achetais directement un vélo avec ses accessoires, pas moyen de négocier alors que les seules formules proposées étaient ou bien hebdomadaire ou mensuelle.
Vue de San Francisco depuis les Twin Peaks

Vue de San Francisco depuis les Twin Peaks

C’est pourquoi je me suis levé très tôt le samedi matin pour me rendre au centre commercial Walmart (l’entreprise qui embauche le plus de personnes au monde). Celui-ci se trouve en effet à près d’une heure et demie du campus, sur la commune de Mountain View. Je suis arrivé un peu avant 9h dans ce grand magasin qui ressemble un peu à nos Carrefours nationaux et j’y ai donc acheté un vélo pour la modique somme de… 85$ (ou 130 accessoires compris) contre 150$ en location (ou 170 avec les accessoires). J’ai l’espoir de pouvoir le revendre avant de partir avant de récupérer au moins une partie de la mise de départ. C’est dingué déjà comme avoir un vélo simplifie les choses, dimanche j’ai mis une dizaine de minutes à rejoindre Palo Alto quand j’en mets normalement trente à pied.

L'Océan Pacifique depuis San Francisco

L’Océan Pacifique depuis San Francisco

Après l’achat du vélo, j’ai pris le Caltrain pour me rendre à San Francisco, où je devais retrouver une cousine (du côté paternel) et passé la journée. Superbe journée ! Déjà nous avons été gâté par le temps : en raison du micro-climat local, la majeure partie de la ville est presque systématiquement recouverte par les nuages ou le brouillard, mais samedi c’était ciel dégagé et grand soleil ! Si nous avons manqué les otaries sur le quai principal, nous avons profité de la côte Pacifique de San Francisco. Cette ville est en réalité immense : 6 miles de long sur 6 miles de large soit environ 120km2 ! Heureusement, ma cousine, son mari/Jules, leurs deux jeunes enfants et moi étions en voiture. Nous avons pu ainsi admiré la fameuse Lombard Street, une des rues les plus sinueuses au monde (et fleurie). Après avoir admiré la côte Pacifique de San Francisco, nous nous sommes arrêtés sur l’une des Twin Peaks, ces deux collines au cœur de San Francisco qui dominent la ville. Enfin, nous avons passé la fin d’après midi à manger des glaces dans le parc de

Le parc de Mission Dolores à San Francisco

Le parc de Mission Dolores à San Francisco

Mission, le plus vieux quartier de San Francisco, fondé comme le nom l’indique par des missionnaires espagnols à la fin du XVIIIe siècle. Le parc y est complètement rénové et est devenu très populaire auprès de la jeunesse san franciscaine.

Après m’être fait déposé au train, je suis rentré à vélo chez moi et ça faisait du bien ! Dimanche, pas grand chose sinon que j’ai pu de nouveau enfourché mon vélo pour me rendre à Palo Alto et ainsi découvrir de nouveaux endroits du campus. Matt est finalement rentré dans la soirée, après être parti pour business & pleasure en Floride et en Géorgie. Et la résidence a eu le plaisir d’être réveillée ce matin à 6h20 par l’alarme incendie, ouch, ça fait mal !

I hope you are well !

Chroniques de Stanford : Acte 1, Scène 3 – des livres, du shopping et un film

9 juillet 2015 – Hi guys !

Pas grand chose de neuf à se mettre sous la dent pour cette quatrième chronique stanfordienne.

Depuis lundi, j’ai passé le plus clair de mon temps à la bibliothèque universitaire et hormis vous parlez des ressources juridiques en ligne et d’un livre que j’ai lu de feu le directeur de la bibliothèque de droit sur la recherche juridique aux US, il n’y a pas grand chose à dire de ces moments là. J’ai aussi reçu mes identifiants pour Stanford avec même une adresse mail @stanford.edu (en revanche, toujours pas de carte), dommage que ça ne dure qu’un mois ! 😀

Sur le campus

Sur le campus

Lundi soir, petite session shopping en fin d’après-midi au centre commercial situé au nord du campus. Sur le chemin, j’ai pu avoir un aperçu d’une partie du campus que je n’avais pas encore exploré, avec l’ensemble des installations scientifiques. En effet, le campus semble plutôt divisé entre une moitié sud-est consacrée aux sciences humaines (business, law, education, etc.) et une moitié nord-ouest dédiée aux sciences disons moins humaines (informatique, chimie, physique, médecine…). Bref, donc j’ai pu découvrir tout un tas de bâtiments qui dénotent du caractère hispanique du reste du campus. Au centre

Toujours sur le campus

Toujours sur le campus

commercial, je me suis surtout baladé mais j’ai craqué, il faut l’admettre pour un t-shirt, une paire de chaussettes et un léger pull en soie, tout ça pour 60 euros, conversion faite. Les soldes ajoutées au prix relativement cheap des vêtements là bas, c’est une affaire en or.

Le lendemain, je n’ai strictement rien fait sinon de petit-déjeuner (Starbucks bonjour), de filer à la bibliothèque, d’y rester jusqu’au soir, de manger sur le campus (quand je pense que l’année prochaine, je n’aurais pas non plus la possibilité de me faire ma propre nourriture… )= ), puis de rentrer avant de me coucher. Journée passionnante donc. D’ailleurs, les rares photos sur mon téléphones de ce jour là sont celles de graphiques (assez mal faits par ailleurs) trouvés dans un bouquin.

Les allées du centre commercial

Les allées du centre commercial

Aujourd’hui, enfin hier car il est maintenant un peu plus de minuit (et mes paupières se font lourdes), après m’être réveillé pour une journée sans bibliothèque, un monsieur a sonné à ma porte (Matt est en voyage depuis quelques jours) pour contrôler et retaper un peu la salle de bains. Apparemment, ils font ça dès qu’un colocataire quitte l’appartement (et qu’un autre rentre, de fait). De même que j’avais vu un mot sur la porte m’indiquant qu’une autre personne viendrait contrôler les détecteurs de fumée, ce qui doit être fait apparemment tous les ans selon la loi californienne. Puis, je me suis rendu à un autre centre commercial, celui-ci plus typicos, au nord-est du campus, après les installations sportives (c’est énorme, mais peut être j’en reparlerais dans une prochaine chronique), pour acheter du produit pour la laundry. C’est là que j’ai eu le soulagement de constater que des vrais supermarchés existent vraiment aux Etats-Unis et non les sortes de supermarchés qui ne sont que des drugstores et ne vendent que très peu de choses à manger. Si seulement ma cuisine avait été vraiment équipée, j’aurais pu faire des folies mais je suis resté assez raisonnable.

Ciné-débat

Ciné-débat

Enfin, je suis allé à un ciné-débat organisé par le Stanford General Studies dans le cadre d’un festival « Imagining Empire: a global retrospective ». Ils passaient ce soir le film La Bataille d’Alger de Gillo Pontecorvo, que je n’avais encore jamais vu (je le recommande, un excellent film !), suivi d’un débat avec un professeur de Stanford spécialisé en littérature et histoire française mais lui même suisse. C’était vraiment très intéressant, la salle était pleine à craquer (environ 150-200 personnes je dirais). J’ai hâte de participer aux deux prochaines projections (une par semaine), avec un film sur l’Inde et l’autre sur le Mali. J’ai pu discuter avec le prof et un de ses amis qui était à côté de moi. Le prof était très cool, dans l’ambiance étatsunienne, me tutoyant directement, s’intéressant à ce que je faisais, etc. C’est vraiment fou de se retrouver là bas…

Voilà, ce sera tout pour aujourd’hui. Have a nice day !

Chroniques de Stanford : Acte 1, Scène 2 – San Francisco et des rencontres

6 juillet 2015 –

J’espace un peu les chroniques, ne m’en veuillez pas, le travail d’abord et, hormis cela, j’ai eu fort à faire depuis trois jours !

Vendredi, après vous avoir envoyé ma dernière chronique, petite déception : la bibliothèque de droit était fermée pour cause de veille de fête nationale. Encore une fois, que fait Emmanuel Macron ?! Finalement, je me suis installé sur le parvis où sont installées chaises, tables et parasols pour travailler tranquillement sous le beau temps. L’après-midi, je me suis occupé de problèmes avec ma banque, bref pas grand chose d’intéressant à se mettre sous la dent.

San Francisco

San Francisco

Samedi, j’ai rencontré un groupe de jeunes avec lesquels on s’était donné rendez-vous pour passer l’après midi à San Francisco et avec qui j’avais pris contact grâce aux réseaux sociaux. Tous étudiants, soit en stage, soit en summer school à Stanford, nous étions quatre français (enfin dont une Belge mais qui a fait toute sa scolarité en France) : Nicolas et Thibault, deux étudiants de HEC, Clémence, étudiante à Pierre et Marie Curie, et moi. Avec nous, Dominik, autrichien, Jan, allemand, et du côté américain, Natalie, étudiante de Pennsylvanie, Brittany, étudiante infirmière dans le Grand État de l’Ohio, et Hans (dont je crois qu’il est de Californie mais j’ai un doute).
Direction San Francisco pour cette journée de fête nationale, ce 4 juillet marquant le jour de l’Independence Day, anniversaire de la déclaration d’indépendance des Etats-Unis. Je m’étais préparé à quelque chose de grandiose et bien finalement j’ai été assez déçu !

Foule lors de l'Independence Day

Foule lors de l’Independence Day

Assez peu de monde habillé aux couleurs nationales (qui sont les mêmes que pour la France) dans les rues de San Francisco, il y avait pas mal d’activité sur le quai mais ce n’est pas très surprenant vu que c’était un jour férié et que la soirée se clôturait par des feux d’artifice. Il y avait bien ça et là des concerts organisés mais rien de grandiose. On a pu assister d’artifices tiré dans la baie de San Francisco, sympas mais je m’attendais ce jour là à entendre au moins une fois chanter l’hymne national. Même pas ! Mais où est passé le légendaire patriotisme américain ?! 🙂 Le beau temps nous a permis en tous cas de longer les quais donnant sur la baie de San Francisco, toujours pas le Golden Gate Bridge en revanche. Sur le chemin du retour, après avoir perdu la moitié du groupe, on a arpenté les rues franciscaines pour reprendre notre train, aux maisons typiques du style victorien, grimpant quelques unes des nombreuses collines de la ville.

Une des piscines du campus

Une des piscines du campus

Dimanche, retrouvailles avec Dominik, Clémence et Brittany sur une des deux piscines du campus avant d’aller manger le soir à Palo Alto avec d’autres. J’y ai fait entre autres la connaissance de Jackie, de Chicago, la première étudiante en sciences sociales (hormis mes compatriotes de HEC) que je rencontre. Plutôt interdisciplinaire, elle a néanmoins une préférence pour la psychologie et voudrait écrire sa thèse de doctorat sur l’effet Placebo. On a pu parler un peu économie et engagement étudiant, étant engagée pour une divestment policy, c’est à dire pour forcer les universités à se désengager du financement (via les fonds de placement ou les investissements immobilier) des énergies fossiles. Elle m’a appris aussi que toutes les premières années de l’University of Illinois avaient des cours de viol, c’est à dire des cours obligatoires d’éducation sexuelle niveau université bien entendu. Il faut dire que les violences et agressions sexuelles comme le consentement préalable aux relations sexuelles (qu’est-ce que le consentement, la règle doit elle être No means no ou plutôt yes means yes, y a t-il un consentement corporel, let’s do it peut il être considéré comme un consentement, etc.) sont un énorme sujet de débat universitaire aux États-Unis dont la presse se fait régulièrement le relais. Bref, une discussion courte mais intéressante pour ouvrir un peu nos esprits sur ce qui se fait ailleurs que chez nous.

Aujourd’hui, c’est bibliothèque toute la journée, c’est immense, vide et les sièges sont très confortables. Bon, il fait un peu frais aussi, je pense que je vais aller chercher mon pull ou acheter un sweat.

See you !

Chroniques de Stanford : Acte 1, Scène 1 – (Premières) premières fois

3 juillet – What’s up ?

Deuxième journée dans la Baie de San Francisco, après le prologue d’hier. Ce billet ne contient aucune information croustifondante malgré ce que le titre pourrait laisser supposer, désolé pour les déçus ! 🙂

Bon déjà, un événement que j’ai oublié de narrer dans mon précédent envoi : ma rencontre avec mon colocataire ! Matt est plus grand que moi, blond, sympa et accueillant et dévore du beurre de cacahuètes comme la majeure partie de la population étatsunienne. Il finit cet été son Master d’Engineering avant de rentrer en MBA l’an prochain, toujours à Stanford. Il a 27 ans et a repris ses études l’année dernière, il bosse en parallèle (je me souviens plus où). Malgré la très bonne situation de l’emploi aux Etats-Unis ces derniers temps (5,3% de chômage, même si ça inclut un nombre très important d’emplois précaires et mal payés), il n’avait pas l’air pour autant très assuré de l’avenir. Un peu le reflet de la société US qui malgré une croissance forte et un chômage qui s’effondre n’est toujours pas convaincu par la reprise. Pour un français, ça a quoi étonner !

Sur le campus

Sur le campus

Après la traversée d’avant-hier, j’ai enfin visité le campus. Enfin, par visiter, j’entends m’enfoncer dans ses profondeurs, même s’il existe des visites organisées pour les touristes. Avec le soleil, ça a de quoi faire pâlir ! Un campus gigantesque et vraiment magnifique. Et ici, malgré la sécheresse quasi-permanente, la végétation a droit de cité ! Je ferais d’ailleurs peut être un point jardin dans une prochaine chronique pour les amoureuses et amoureux des fleufleurs 🙂

Cette visite fut permise car j’avais un rendez-vous avec le directeur du programme qui m’a invité à Stanford. Heureusement que je suis parti bien en avance, car je me suis perdu dans le campus et

Un des bâtiments de la Law School

Un des bâtiments de la Law School

dans la fac de droit (Law School). Très moderne et vaste, là encore, ça a de quoi rendre jaloux un européen. Sur les trois étages du bâtiment consacré à l’administration et à la bibliothèque, un étage entier est réservé aux bureaux et à l’open space des profs, des chercheurs et de leurs centres de recherche. Je n’ai pas osé faire de photo mais si je vaincs ma timidité, j’en posterais !
Le prof m’avait oublié, il semble assez overbooké, mais a été très sympa. Alors qu’en Europe, il aurait sans douté été en costume cravate, là c’était polo et jean avec un gros sac à dos. Il m’a fait visiter les lieux, présenté à plusieurs personnes de l’administration pour obtenir les accès à la bibliothèque et aux services numériques. Il m’a aussi suggéré de venir travailler à l’étage des chercheurs voire de réquisitionner un bureau vide si je préférais une atmosphère moins formelle que celle de la bibliothèque. Puis de me parler de son épouse, française et chercheuse en littérature (Dumas et un écrivain dont j’ai oublié le nom) qu’il a rencontré à Stanford.

Puis, après ça, j’ai fait mes premières courses, encore timides. Déjà je suis allé au bookstore du campus : premier étage occupé par les vêtements et produits dérivés de l’université, des ballons de football (américain) aux traditionnels sweat-shirt en passant par le mug, les boutons de manchette, la planche à couper, le t-shirt « père/mère/grand parent d’étudiant de Stanford », les magnets, la protection d’iPad, etc. Deuxième étage plus modeste pour la librairie. J’aurais attendu plus pour une librairie universitaire couvrant la grande partie des disciplines scientifiques. A peine une rangée pour le droit, un rayon entier pour les young adults… Mais petite satisfaction : l’histoire populaire des États-Unis de l’historien socialiste Howard Zinn figurait en bonne place ! Le sous-sol était lui réservé aux « matériels de cours » mais je n’y suis pas descendu.

A San Francisco

A San Francisco

Puis, à Palo Alto, je suis allé à Walgreens, une sorte de supermarché où la nourriture n’occupe que le tiers de la surface commerciale. Ne sachant pas trop bien quoi faire, étant donné le peu d’équipement de la cuisine de mon appartement, je me suis contenté d’acheter de barres de céréales et de fruits qui alimenteront mon petit déjeuner. Je pense avoir trouver une vraie épicerie plus près de chez moi mais c’était fermé quand je suis passé devant. J’ai aussi acheté une carte mensuelle de trains régionaux (Caltrain) pour près de 180$…

Dans le Financial District

Dans le Financial District

Enfin, après une petite sieste pour me remettre de mes longs kilomètres de marche, première virée à San Francisco pour aller manger avec un ami lyonnais qui y était en touriste jusqu’à aujourd’hui. Je confirme le fameux micro-climat : à peine rentré dans la péninsule que le brouillard masque déjà le ciel. Je ne suis pas allé voir le Golden Gate Bridge, même si je l’ai aperçu au loin de nuit grâce aux ampoules fixées sur ses suspensions. Je me suis contenté pour cette première fois de marcher dans SoMa (South of Market) et le Financial District. Après ce premier aperçu et en comparaison avec New York, San Francisco n’a rien à voir ! Hormis dans le financial district, la plupart des bâtiments sont ou bien aussi grands que nos immeubles, ou même tout à fait petits, à deux ou trois étages. Ce qui rend la ville finalement assez humaine. Il y a même des voies de la taille de voies automobiles réservées aux vélos. En revanche, ça grimpe, hein ! Je m’arrêterai là, on verra ce que donnent les prochaines virées.

Dans la série des premières fois, aujourd’hui va marquer mon premier jour complet à la bibliothèque de la Law School, on n’est pas là pour s’amuser non plus !

Next report après ce week-end d’Independence Day !